Évaluation indépendante par le Conseil supérieur de la santé
En 2020, le Conseil supérieur de la santé, organe scientifique consultatif officiel du gouvernement néerlandais, a publié le rapport « Isolation en mousse PUR projetée et santé ». Cette évaluation repose sur :
- des mesures réalisées dans des logements occupés
- l’analyse de la littérature scientifique internationale
- des études antérieures menées par TNO et RPS
- des évaluations médicales selon des protocoles établis
La conclusion centrale de cette évaluation est claire et sans équivoque :
Lorsque la mousse PUR projetée est appliquée correctement, l’exposition des occupants est très faible et les effets néfastes sur la santé sont jugés improbables.
Cette conclusion constitue aujourd’hui le cadre de référence pour les politiques publiques, la réglementation et les pratiques d’exécution.
Les mesures en conditions réelles confirment une exposition très faible
L’évaluation du Conseil supérieur de la santé s’appuie sur plusieurs études de terrain. Ainsi, TNO a réalisé des mesures dans des logements avant, pendant et après l’application d’une isolation de sol en mousse PUR projetée. Les mesures ont été effectuées dans les vides sanitaires et dans les pièces de vie, sur plusieurs jours.
Les résultats montrent que les concentrations mesurées des substances pertinentes dans les pièces de vie sont restées inférieures aux valeurs de référence sanitaires. Sur cette base, il a été conclu qu’en cas d’application correcte, aucun risque sanitaire aigu ou chronique n’est à attendre pour les occupants.
L’étude menée par le bureau d’ingénierie indépendant RPS, réalisée dans sept logements, confirme ces conclusions. Dans les pièces de vie, aucune ou seulement de très faibles concentrations ont été détectées, toujours largement en dessous des valeurs limites publiques. Le risque d’exposition pour les occupants y est qualifié de très faible.
Résultats de mesures dans les pièces de vie par rapport aux valeurs limites
Le tableau ci-dessous présente les concentrations maximales mesurées dans les pièces de vie, comparées aux valeurs limites sanitaires correspondantes. Les données montrent que les concentrations mesurées restent largement dans les marges de sécurité.
| Substance | Concentration maximale mesurée1 | Valeur limite |
|---|---|---|
| Isocyanates | ||
| Acide isocyanique | 0,868 | 123 |
| Isocyanate de méthyle | 0,040 | 123 |
| Isocyanate d’éthyle | < limite de détection2 | 123 |
| Isocyanate de propyle | < limite de détection2 | 123 |
| Isocyanate de phényle | 0,025 | 143 |
| Diisocyanate de diphénylméthane (MDI) | 0,2514 | 203 |
| Agents gonflants | ||
| 1,1,1,2,3,3,3-heptafluoropropane | 13.403 | 3.658.000 |
| 1,1,1,3,3-pentafluorobutane | 123.415 | 1.219.000 |
| Catalyseurs | ||
| Diméthylbenzylamine | 7,91 | 24 |
| N,N-diméthylcyclohexylamine | 8,42 | 875 |
| 2-diméthylaminoéthanol | 19,34 | 1.500 |
| 2,2’-iminodiéthanol | 1,13 | 210 |
1 Concentration maximale mesurée, clairement supérieure aux niveaux de fond dans la pièce de vie.
2 Mesure inférieure à la limite de détection.
3 La valeur limite ne tient pas compte de la sensibilisation ni d’éventuels effets allergènes.
La sécurité dépend de la qualité de l’exécution
Les études disponibles montrent clairement que la question sanitaire liée à la mousse PUR projetée n’est pas une question de matériau, mais une question d’exécution.
La mousse PUR projetée se forme sur site par une réaction chimique. La sécurité des occupants dépend notamment :
- du respect des proportions de mélange et du contrôle du procédé
- de la polymérisation complète de la mousse
- du respect des règles de ventilation et d’absence des occupants
- de l’intervention d’entreprises formées et certifiées
Lorsque ces conditions sont respectées, les mesures et évaluations montrent que l’exposition des occupants reste limitée et maîtrisée.
Une distinction claire entre occupants et applicateurs
Toutes les études indiquent que les expositions les plus élevées surviennent lors du processus de projection lui-même. Elles concernent en premier lieu les applicateurs, et non les occupants.
C’est pourquoi l’accent est mis sur :
- la formation et la qualification professionnelle
- le respect strict des procédures de travail
- l’utilisation d’équipements de protection individuelle
Pour les occupants, des règles de précaution claires s’appliquent, notamment l’obligation de ne pas être présents dans le logement pendant les travaux et jusqu’à deux heures après leur achèvement. Cette mesure est considérée comme appropriée et efficace pour éviter toute exposition.
Vers un débat responsable et fondé sur les faits
L’isolation en mousse PUR projetée n’est pas une opération sans risque, comme aucune technique de construction ne l’est. Toutefois, les évaluations indépendantes disponibles montrent que ce matériau ne peut être assimilé à des produits présentant des risques sanitaires intrinsèques et durables.
Un débat mature sur l’isolation et la santé requiert donc :
- une attention portée à l’exposition mesurable, et non aux suppositions
- un accent sur la qualité d’exécution et le savoir-faire professionnel
- une confiance dans les évaluations scientifiques indépendantes
Cette approche est essentielle pour informer correctement les occupants tout en permettant une rénovation et une transition énergétique du parc immobilier menées de manière responsable.
Sources
- Conseil supérieur de la santé (2020). Isolation en mousse PUR projetée et santé. Avis au ministre de l’Intérieur et des Relations au sein du Royaume, publication n° 2020/24 (PDF).
- Conseil supérieur de la santé (2020). Vue d’ensemble des études sur l’exposition et les plaintes de santé après isolation de logements avec de la mousse PUR projetée. Document de fond 2020/24A/02 (PDF).
- TNO (2013). Évaluation des risques sanitaires pour les occupants sur la base de mesures effectuées pendant et après l’application d’une isolation de sol en mousse PUR projetée. Rapport TNO R11049 (PDF).
- RPS Bureau d’ingénierie (2014). Étude des émissions de mousse PUR projetée dans les vides sanitaires de logements. Rapport de synthèse (PDF).